Notre corps parle ? – 11 : Nos mains

MainsNotre main.

Elle est, comme le pied pour la jambe, la pièce « maîtresse » du bras.

C’est en effet l’extrémité de ce bras, sur laquelle repose toute l’action dont la réalisation finale ne serait pas possible. Elle représente le stade final par lequel les actes se réalisent ainsi que leur finition et leur finesse. Le mot « main » a d’ailleurs la même origine que les mots « manifestation,
manifesté ».

La main représente à un tel point le passage du conceptuel dans le réel, de l’idée dans la réalité, qu’elle sert aussi à «parler», à communiquer.

C’est non seulement vrai pour les muets, mais aussi dans de nombreuses cultures. La gestuelle des mains est d’ailleurs bien souvent plus puissante et marquante que les paroles.
De nombreuses études ont pu démontrer son importance dans ce qui s’appelle la communication non verbale. Ce type de communication est le premier que nous connaissions et expérimentions dans notre vie.

En effet, la relation entre la mère et l’enfant, les échanges et les signes de reconnaissance et d’affect se font par le toucher et par la main.

Elle est donc un vecteur de transmission et de communication. Elle permet de donner et de recevoir.

Elle peut aussi toucher et sentir et même aller jusqu’à remplacer l’œil. C’est donc également un vecteur de perception. C’est par les mains que l’on perçoit ou transmet les énergies.

L’imposition des mains est religieuse, thérapeutique, pacifiante. La paume et chacun des doigts sont les émetteurs et les capteurs de nos énergies.

Dans chacun des doigts commence ou finit d’ailleurs un méridien d’acupuncture. Il détermine, par le type d’énergie qu’il véhicule, le rôle du doigt auquel il est attaché. Nous le verrons plus loin avec chaque doigt.

Mais en tant que support final de l’action, elle est aussi le vecteur du pouvoir et un symbole de puissance. Dans de nombreuses cultures, elle représente le pouvoir royal et même divin (être dans la main de Dieu). La main permet en effet de saisir, de tenir, de serrer, d’emprisonner ou d’écraser. La façon de serrer la main est d’ailleurs très significative de la manière avec laquelle les personnes envisagent la relation avec celui qu’ils saluent. Les personnes qui abandonnent leur volonté de pouvoir sur l’autre se donnent la main.

Nous retrouvons donc pour la main la plupart des rôles, symboliques ou non, qui correspondent au bras. La différence réside dans le fait que la main agit au stade final alors que le bras transmet.

Nous pouvons comparer symboliquement le bras entier à une flèche. La main en est la pointe alors que le bras en est la hampe. Le mouvement de la flèche est transmis par la hampe (le bras) mais c’est la pointe (la main) qui assure sa pénétration dans la cible.

Les maux de la main

Ils vont nous parler de notre rapport à l’action manifestée sur le monde extérieur. Tensions, douleurs, souffrances des mains signifient que notre rapport à ce monde extérieur est un rapport de maîtrise, de pouvoir, de possession ou d’avidité.

Nous voulons trop tenir, serrer, maîtriser les choses ou les individus, que ce soit par volonté de domination ou par peur.

La main qui se ferme est celle qui retient, qui a peur que les choses lui échappent ou qui se défend ou attaque et veut frapper (poing fermé).

Pourtant, ainsi que je l’explique parfois à certains de mes patients, la vie, et tout ce qui s’y passe, peut être symbolisée par une poignée de sable. Si nous voulons l’avoir et la conserver, il nous faut garder la main ouverte, car si nous la refermons pour serrer ce sable, pour le tenir, le garder, il s’échappe alors par tous ses interstices.

La main pacifique ou qui accueille est toujours ouverte, alors que la main qui lutte, qui crie vengeance ou qui menace est toujours fermée.

Mains et poignets sont très liés et leurs souffrances souvent conjointes sont significatives d’une difficulté majeure à lâcher prise sur le monde, sur la volonté, la maîtrise, la possession ou le pouvoir sur ce monde.

Je pense ici particulièrement au cas de Dominique.

Cette femme d’une quarantaine d’années est atteinte d’une forme particulière de rhumatisme qui s’appelle la polyarthrite évolutive. Généreuse et passionnée, elle a un rapport au monde qui est de pouvoir inconscient très développé. En lutte permanente avec la vie et les personnes, elle régente et dirige sans s’en rendre compte tout ce qui existe autour d’elle.

Sa générosité naturelle le facilite et fait que ceux qui l’entourent s’accommodent, chacun à leur manière, de cette attitude caractérielle. Elle s’est choisi un mari qui convient, fort extérieurement et musculairement mais fragile dans le rapport à l’action et à la volonté.

Elle se trouve donc « obligée » d’agir, de faire, de diriger et d’être volontaire pour lui puisque, pense-t-elle, « il n’en est pas capable ». Cette relation au pouvoir n’est cependant pas bien vécue au fond d’elle-même et l’amène à se déclencher ce rhumatisme particulier aux deux
poignets puis aux deux mains. Je dis que ce rhumatisme est particulier car il est tout d’abord
évolutif; on ne sait pas l’arrêter (sur lui, on ne peut pas avoir de pouvoir). Il l’est aussi car c’est une affection dite « auto-immune », c’est-à-dire une affection dans laquelle l’organisme se détruit lui-même car il ne reconnaît plus certaines de ses cellules propres, qu’il perçoit alors comme des cellules « ennemies »…

Pourquoi l’organisme de Dominique croit-il que les cellules de ses poignets et de ses mains sont des ennemies ?

Leur usage perverti vers le pouvoir en ferait-il des parties du corps devenues nuisibles en ce sens qu’elles permettent à cette femme des comportements eux aussi nuisibles pour sa vie, sa stabilité, son bonheur et la réalisation de son Chemin de Vie?

Cet usage serait-il nuisible à la réalisation de sa Légende Personnelle ?

Elle a, je crois, tous les éléments pour y réfléchir, de préférence vite, car d’autres parties de son corps commencent à être sérieusement touchées, alors que ses poignets et ses mains ont déjà été opérés de nombreuses fois.

Source : Je vous conseille vivement ce Livre ! : Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi: de Michel Odoul  et de visiter son site sur linstitut Français de SHIATSU

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