Notre corps parle ? – 8 : Notre nuque

Nuque 3La nuque est la partie qui se situe entre la tête et le reste du corps. C’est elle qui fait la jonction entre le cerveau et ses exécutants que sont les bras et les jambes. À partir du plexus cervical qui se situe à sa base, toutes les volontés et les décisions d’action ou de relation vont être envoyées en direction de l’organe ou du membre le plus adapté à leur réalisation.

La nuque est donc un lieu où les désirs ou les volontés n’ont pas encore émergé, n’ont pas commencé à apparaître et n’ont pas enclenché de début de geste physique.

Ils n’ont pas encore été en rapport avec l’extérieur.

La nuque représente, de ce fait, le point de passage du conceptuel (cerveau, idées, concepts, désirs, volontés, vouloir, etc.) vers le réel (action, réalisation, relation, expression, etc.).

Les maux de la nuque

Les tensions, les souffrances ou le blocage de la nuque expriment notre difficulté ou notre incapacité à faire passer dans le réel des envies, des idées, des concepts, des volontés, etc.

Cependant, à la différence de la tension des épaules qui signifie globalement la même chose, nous en sommes, avec la nuque, au stade où les choses ne sont pas arrivées « à la porte » du passage à l’acte.

Cela signifie que nous ne pouvons pas les faire passer dans le réel, parce que nous pensons ne pas en être capables.

L’incapacitation est de notre fait, alors que pour le blocage dans les épaules elle est censée venir des autres, du monde extérieur. L’irradiation vers l’une des épaules qui peut exister parallèlement nous donnera l’indication supplémentaire de la symbolique Yin ou Yang, dont l’image intérieure nous fait penser que nous ne sommes pas capables.

Le cas le plus classique et le plus simple auquel je pense ici est celui du torticolis. Cette tension de la nuque a un effet physique direct qui nous empêche, parfois très douloureusement, de tourner la tête vers la droite ou vers la gauche. Or, quelle est la signification universelle du geste de tourner la tête vers la droite et vers la gauche ?

Dans toutes les cultures du monde, ce mouvement veut dire «non».

C’est le signe du désaccord, du refus, de la non-acceptation de ce qui se passe ou de ce que l’autre dit ou fait. Le torticolis nous empêche de faire ce geste. Il signifie notre incapacité à dire « non » à quelqu’un ou à une situation. Nous pensons ne pas avoir le droit, la possibilité ou la capacité de le faire.

Cet exemple me rappelle celui de Bernard, cadre supérieur dans une très grande entreprise française de distribution, qui assistait à l’un de mes séminaires d’entreprise sur la Dynamique des Relations. Cet homme avait un torticolis très handicapant depuis trois jours. Je lui demandai alors s’il était en train de vivre une situation à laquelle il voulait dire « non », chose qu’il s’empêchait de faire parce qu’il pensait qu’il ne le pouvait pas ou qu’il n’en avait pas le droit.

Tout d’abord déconcerté, il réfléchit cependant quelques instants puis reconnut, à sa propre stupéfaction, qu’il vivait effectivement une situation professionnelle de ce type. Le P.-D.G. de son groupe, dont il était un des principaux représentants régionaux, avait la manie, qui lui tenait très à coeur, d’organiser des réunions de prestige pour ses cadres, que Bernard qualifiait de « grand-messe ». Ces réunions, qui duraient de une à trois journées, n’apportaient à son avis pas grand-chose, hormis de lui faire perdre du temps alors qu’il avait beaucoup à faire « sur le terrain ». Il lui était cependant impossible de refuser, disait-il, sinon il prenait le risque de « déplaire », que le refus soit mal perçu.

Or, il venait d’apprendre, trois jours avant le séminaire, qu’une nouvelle «grand-messe » devait avoir lieu le mois suivant, période où il était normalement dans les magasins provinciaux dont il avait la charge. Il apprit la nouvelle le lundi soir et le mardi matin, il se réveillait avec un torticolis qui le bloquait encore le jeudi pendant le séminaire. Il décida alors de réfléchir à la façon d’exprimer son désaccord à sa hiérarchie ou bien d’accepter autrementces « grands-messes ».

Nous pouvons imager et résumer les grands axes de la partie « haute » de notre corps, nos bras, nos épaules et notre nuque, dans le schéma qui suit. Il nous permet de visualiser simplement ce qui s’y passe et comment.

Chaque fois que nous vivons des tensions dans la partie supérieure de notre corps, elles sont le signe que dans notre rapport à l’action (désir, volonté, impossibilité, incapacité, peur, etc.) ou au pouvoir sur les choses et les êtres, nous vivons une tension équivalente, liée soit à notre incapacité supposée (nuque), soit à une incapacitation venant de l’extérieur (épaule). Nous sommes en face de quelque chose que nous ne pouvons, ne savons ou n’arrivons pas à faire.

Source : Je vous conseille vivement ce Livre ! : Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi: de Michel Odoul  et de visiter son site sur linstitut Français de SHIATSU

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3 Responses to “Notre corps parle ? – 8 : Notre nuque”

  1. Excellent merci pour cet article :)

  2. Paul dit : Répondre

    Beaucoup apprécié! merci

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