Notre corps parle ? – 6 : Nos pieds

PiedsNotre pied.

Il s’agit de notre point d’appui sur le sol, la partie sur laquelle tout notre corps repose et se repose pour les déplacements, les mouvements.

C’est lui qui nous permet de « pousser » vers l’avant, et par conséquent d’avancer, mais aussi de bloquer nos appuis et par conséquent de camper sur nos positions.

Le pied représente donc le monde des positions, l’extrémité manifestée de notre relation au monde extérieur. Il symbolise nos attitudes, nos positions affirmées et reconnues, le rôle officiel que nous jouons. Ne met-on pas le pied dans la porte pour la bloquer ?

Notre pied représente nos critères de vie, voire nos idéaux.

Il s’agit de la clef symbolique de nos appuis« relationnels », ce qui explique l’importance du rite de lavage des pieds dans toutes les traditions. Cela purifiait notre relation au monde, voire au divin.

C’est enfin un symbole de liberté, car il permet le mouvement.

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si l’on bandait les pieds des petites filles en Chine. Sous le
couvert d’une signification érotique et esthétique, cela permettait en fait d’enfermer, d’emprisonner la femme dans un mode relationnel de dépendance face à l’homme, en limitant
son potentiel de mobilité. Le même phénomène existe d’ailleurs dans nos sociétés occidentales où les femmes «devaient» porter des talons aiguilles pour correspondre à un certain schéma. Comme par hasard, on a pu constater que, au fur et à mesure de la « libération » de la femme, la hauteur des talons de ses chaussures diminuait. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes, surtout dans les jeunes générations, ne portent plus que des chaussures à talons plats.

Les maux de pied

Ils expriment les tensions que nous ressentons par rapport à nos positions face au monde.

Ils signifient que nos attitudes habituelles, que les positions que nous prenons ou que nous avons manquent de fiabilité, de stabilité ou de sécurité. Ne dit-on pas d’ailleurs de quelqu’un qui n’est pas tranquille, qui a peur ou qui n’ose pas affirmer ses opinions ou ses positions, qu’il «est dans ses petits souliers » ou, plus trivialement, de quelqu’un qui se retient ou qui est mal dans ses positions du moment, qu’il « se sent à l’étroit dans ses baskets » ? Ne dit-on pas enfin de quelqu’un qui ne sait quelle attitude prendre par rapport à une situation (relationnelle), qu’il ne sait sur quel pied danser ?

Lorsque la tension se manifeste dans le pied droit, elle est en relation avec le Yin (mère) et lorsqu’elle a lieu dans le pied gauche, elle est en relation avec le Yang (père).

Je pense ici particulièrement à Judith.

Cette enfant âgée de 9 ans me fut amenée en consultation par sa mère car elle souffrait d’une neuro-algodystrophie de la cheville et du pied gauche et le corps médical lui avait prédit qu’elle « finirait » dans un fauteuil roulant. Cette affection osseuse, particulièrement profonde et reconnue d’origine « somatique », est parfois tellement douloureuse qu’elle peut conduire certaines personnes au suicide.

Que se passait-il pour Judith ?

Elle venait de perdre son père, décédé brutalement. Ce père, pourtant si important, détruisait, dans les derniers temps de sa vie, son image aux yeux de Judith car il « cherchait à régler » certains problèmes dans l’alcool. Face à cela, Judith commença, quinze jours avant la mort de son père, à ressentir des douleurs dans sa cheville gauche. Son père finit par choisir de « partir » complètement et Judith ne sut plus où elle en était ni sur quoi s’appuyer.

Plus de père sur qui se «reposer», plus de représentation de la force, d’autant plus que son image avait commencé à se désagréger. Judith fit la même chose avec sa cheville et son pied gauche qui commencèrent à se déminéraliser. Nous fîmes un travail de dédramatisation puis de reconstruction de la mémoire émotionnelle, ainsi qu’un travail important de rééquilibrage de ses énergies.

Devant l’urgence et l’importance de la manifestation, je la confiais parallèlement à un ami médecin homéopathe qui lui établit un traitement reminéralisant de fond ainsi qu’à une amie qui l’aida par un travail d’ortho-bionomie.

Au bout de quinze jours, Judith avait posé ses béquilles et retournait à l’école, à la grande surprise du médecin de contrôle qui eut la « psychologie » de l’accuser de simulation, car il était impossible sinon qu’elle puisse remarcher ! Il me fallut deux séances supplémentaires pour stopper la récidive qui démarrait suite à une telle attitude « négative » venant à nouveau d’une personne censée représenter « l’autorité » (symbolique paternelle).

Source : Je vous conseille vivement ce Livre ! : Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi: de Michel Odoul  et de visiter son site sur linstitut Français de SHIATSU

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