Notre corps parle ? – 4 : Nos poignets

PoignetsNotre poignet

Il est l’articulation de la mobilité complète. Il est relié au coude par l’avant-bras et permet à la main, vecteur final de l’action, de se mouvoir dans tous les axes de l’espace. C’est à son niveau que la main s’attache au bras, lui donnant toute sa mobilité potentielle. C’est lui qui fait le lien entre ce qui transmet l’action (bras) et ce qui la fait (main).

Il représente la porte du Choix, la porte de l’Implication

, comme la cheville, mais cette fois-là dans le monde de l’action.

Dans l’exécution d’une action, le bras est le vecteur premier et de transmission, alors que la main est le vecteur final et de réalisation.

Le poignet permet la liaison entre les deux en donnant à la main une mobilité totale, une souplesse et une précision directionnelle qu’elle ne pourrait pas avoir. Il est donc celui qui permet la mobilité, la souplesse, la « rondeur » de nos actions et de nos opinions et il est la projection de ces mêmes qualités par rapport à notre volonté et à notre recherche de pouvoir sur les choses et les êtres.

C’est l’articulation consciente de nos repères à l’action et à la maîtrise, de l’expression manifestée de notre volonté, alors que l’épaule représente l’articulation inconsciente de ces mêmes repères.

Les maux du poignet

Les entorses, les douleurs ou les traumatismes des poignets nous parlent de nos tensions, de notre manque de souplesse ou de sécurité dans nos actes ou nos désirs d’agir ou dans nos opinions.

Elles signifient que notre rapport à l’action, que ce que nous faisons, manque de sécurité, de solidité.

Nous durcissons alors nos poignets dans le but de les rendre plus « solides».

Les tensions nous parlent aussi de notre rigidité dans l’action, c’est-à-dire de notre recherche de pouvoir sur le monde extérieur (les objets, la matière ou les êtres) et sur nous-mêmes. Lorsque nous nous empêchons défaire, que nous ne nous en donnons pas la possibilité, nos poignets (et nos mains) vont se tendre et souffrir.

C’est à eux que l’on enchaîne les prisonniers que l’on veut empêcher d’agir (alors que c’est aux pieds quand on veut les empêcher de fuir). Mais de la même manière, lorsque nous voulons trop faire, lorsque nous sommes volontaristes ou excessivement directifs et que l’action ne passe que par la volonté et en force, nos poignets vont manifester leur opposition et calmer cette volonté excessive et cet emploi de la force en étant douloureux.

Notre Maître Intérieur nous oblige ainsi à nous calmer !

Si la douleur, le traumatisme ou la tension, se manifeste dans le poignet droit, elle est en relation avec le Yin (symbolique maternelle) et dans le poignet gauche avec le Yang (symbolique paternelle).

C’est ce qui m’est arrivé il y a plusieurs années, alors que je pratiquais l’aïkido depuis trois ans. D’un caractère très volontariste, j’avais une tendance certaine dans ma pratique à vouloir passer en force, à reproduire dans le physique le type de rapport mental que j’avais avec la vie.

Or, il était clair que la pratique régulière et assidue que j’avais de l’aïkido me donnait et allait me donner progressivement de plus en plus de puissance personnelle sur le monde extérieur. Le risque se profilait à l’horizon que cette puissance associée à mon type de volonté allait produire un cocktail d’autant plus dangereux qu’il n’était pas intentionnel, celui d’une puissance non maîtrisée.

Mon Maître Intérieur devait veiller car au cours d’un stage d’aïkido dans l’Aveyron, mes poignets devinrent chaque jour de plus en plus douloureux, au point de ne plus pouvoir tenir ou « serrer» le partenaire dans les exercices. Je n’eus plus le choix et je dus « lâcher » ou plutôt relâcher ma saisie, ma façon de tenir le monde, et dans ce cas précis mes partenaires. Je ne compris pas le message tout de suite et fus très peiné par ce handicap injuste contre lequel je me révoltais. Pendant deux ans, je dus me bander les poignets avant les cours et dans ma pratique professionnelle, je dus travailler en tenant compte de la douleur. Elle m’obligea, de force, à changer d’attitude et de façon de travailler.

Au bout de ce temps-là, je compris un jour combien ma relation au monde avait été mentalisée et volontariste.

À partir de ce jour-là, je n’eus plus jamais mal aux poignets, bien que ceux-ci travaillent toute la journée et parfois même de façon intensive (séminaires, stages, consultations, massages, etc.).

Source : Je vous conseille vivement ce Livre ! : Dis-moi où tu as mal : Je te dirai pourquoi: de Michel Odoul  et de visiter son site sur linstitut Français de SHIATSU

4 Responses to “Notre corps parle ? – 4 : Nos poignets”

  1. Chouette article précis. J’ai bien aimé la différenciation subtile entre les traumatismes et les tensions et leurs symboliques. Je cherchais le livre d’Odoul suite à un traumatisme au poignet droit mais ne le trouvais pas du coup je tombe sur votre site.
    Je me suis blessé le poignet droit en stage d’aïkido ce matin. Je voulais comprendre. Quelle plaisir de lire votre témoignage. J’avais ma petite idée sur la raison de ma blessure et votre article confirme ce que je pensais.
    Je me suis contraint, pour me protéger, à une attitude rigide vis à vis d’une femme. Et voilà le résultat. Poignet droit traumatisé. Y a plus qu’à assouplir ma rigidité :-) Merci
    L’aïkido est le corps c’est merveilleux !

    • Merci Tristan,
      Oui notre corps exprime tant de choses. Écoutons le. Et prenons soin de Nous par cette écoute attentive.
      Oui Tristan l’Akaido est un merveilleux art porteur de tant de valeur et permettant de (se) développer, notamment son focus, son attention, Si indispensable pour etre, manager ou diriger.
      Au plaisir.

      • PS : nos rigidités peuvent être générer par nos peurs, nos croyances,… plutôt que de les « assouplir » repousser nos peurs est un bon moyen et changer nos croyances en est un autre. Dans tous les cas pour éviter distorsion, sélection Et généralisation je vous conseille la méditation de Pleine Conscience.
        Elle permet de voir ce qui est et d’accepter tout ce sur quoi nous ne pouvons agir et donc de se focaliser sur ce qui nous appartient de faire : Nous et nos choix.

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