Triangle Dramatique – Qu’est-ce que c’est ? – ép. 2

par / mercredi, 11 janvier 2012 / Publié dansOutils du Coach, Triangle de Karpman

Triangle de Karpman Jeux de rôles ©

Le triangle dramatique est un jeu…

… un jeu psychologique – modèle issu de l’Analyse Transactionnelle (1) d’Éric Berne (2) – terme qui désignait à l’origine un diagramme d’analyse des transactions isolées devenue maintenant une réelle théorie de la personnalité et de la communication et même bien plus…

Le jeu psychologique à été schématisé par Stephen B. Karpman (3)

Les jeux psychologiques

Les jeux psychologiques sont l’un des concepts phares de l’Analyse Transactionnelle. L’Analyse Transactionnelle  était selon Éric Berne l’analyse par un diagramme des transactions entre personnes est devenue avec l’ITAA une théorie de la personnalité et une psychothérapie méthodique et systématique pour le développement et le changement personnel.

Éric Berne a publié un livre dédié à ce thème, Des Jeux et des Hommes, devenu best-seller.

Qu’est-ce que l’analyse transactionnelle ?

L’Analyse Transactionnelle (aussi appelée AT) est une théorie de la personnalité et de la communication. Elle postule des « états du Moi », et étudie les phénomènes intrapsychiques à travers les échanges relationnels, appelés « transactions ». Cette théorie a été fondée par  Éric Berne, médecin psychiatre américain, dans les années 1950 à 1970.

Elle vise à permettre une prise de conscience ainsi qu’une meilleure compréhension de « ce qui se joue ici et maintenant » dans les relations entre deux personnes et dans les groupes. Ellepropose des grilles de lecture pour la compréhension des problèmes relationnels ainsi que des modalités d’intervention pour résoudre ces problèmes.

Outre les États du Moi, l’Analyse Transactionnelle propose de repérer les jeux psychologiques, des types d’échanges qui se répètent de manières semblables, et qui se terminent par un sentiment de malaise. Parmi les autres concepts de l’analyse transactionnelle, on trouve les positions de vie, des éclairages sur la gestion des signes de reconnaissance et des sentiments, la structuration du temps, les « drivers ou messages contraignants« , les méconnaissances et les différents degrés de passivité.

Éric Berne postulait que les grandes orientations de la vie sont décidées dès l’enfance, et peuvent prendre la forme d’un scénario de vie.

Qu’est-ce que les États du Moi ?

L’A.T. postule de 3 « états du Moi »:

  • Parent,
  • Adulte,
  • Enfant.

Les transactions

Une transaction est le nom donné à un échange verbal et comportemental entre deux personnes. On distingue le stimulus, ou message envoyé d’une personne à l’autre, de la réponse de celle-ci. Les transactions peuvent ainsi être observées et analysées en termes d’états du moi.

Il existe des transactions simples (complémentaires ou croisées) où se répondent alternativement un État du Moi seulement chez chacun des deux protagonistes, et des transactions doubles où se répondent en apparence des État du Moi spécifiques (exemple Parent) et en même temps, à un niveau sous-jacent, d’autres États du Moi (exemple Enfant).

Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

Éric Berne a défini le jeu comme le déroulement d’une série de transactions cachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible”.

C’est un échange entre deux ou plusieurs personnes dont le but réel pour chacun n’est pas la poursuite de la discussion au niveau de ce qui est dit mais de ce qui est dit et qui ne s’entend pas (non au niveau social, mais au niveau caché).

Pourquoi a-t-il appelé cela un jeu ?

Un jeu c’est une activité plutôt amusante, et c’est vrai que dans l’exemple ça n’a pas l’air d’être le cas… Alors ? Cette dénomination fait plutôt référence aux joueurs en Bourse, ou de poker. Pensez à ces joueurs qui maîtrisent parfaitement les règles, ce stress plus ou moins conscient, ce sentiment qu’au-delà de la mise il y a parfois un enjeu beaucoup plus important, voire existentiel, ces émotions fortes dues au gain ou à la perte… Pour Eric Berne certains de nos échanges répondent à ces critères.

Eric Berne a aussi donné un nom au jeu les plus courants ; le plus célèbre est le jeu du “Oui, mais…”

Comment joue-t-on ?

Il existe différentes façons de représenter le déroulement d’un jeu.

Pour ma part, j’aime beaucoup le Triangle dramatique de Karpman (dramatique fait ici référence au drame théâtral, Stephen B. Karpman (2) ayant créé ce concept à partir de l’observation des ressorts du drame au théâtre. Vous vous souvenez de Shakespeare dans Comme il vous plaira ? “Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles…” ).

Il s’est aperçu que systématiquement, pour qu’un “drame” se déroule, il faut trois rôles :

  • un Persécuteur,
  • un Sauveteur et
  • une Victime.

(4)

Deux personnes discutent. Pour commencer un jeu, chacun des protagonistes prend inconsciemment l’un des trois rôles du Triangle ; en général celui qui a sa préférence. Elles poursuivent leur discussion, l’une comme Persécuteur, l’autre comme Victime par exemple. A un moment donné arrive… le coup de théâtre ! L’un des deux joueurs va “prendre ses bénéfices” comme on dit dans le milieu boursier, il va changer de rôle et, par exemple, s’il était Persécuteur, devenir une Victime. L’autre accuse le coup, et change également de position.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’être réellement Persécuteur, Victime ou Sauveteur (ou seulement dans les jeux de niveaux 3 – voir plus loin), ce sont des rôles psychologiques où chacun joue une partition fine de ceux-ci.

Pourquoi joue-t-on ?

Pour avoir des bénéfices, même s’ils ne sont pas très agréables. Les explications se situent dans la vision intrapsychique de la personnalité que propose l’analyse transactionnelle  (ce va-et-vient entre intérieur et extérieur de la personne est caractéristique de l’analyse transactionnelle).

Ces bénéfices peuvent être nombreux :

  • revivre un type de relation expérimenté dans l’enfance,
  • obtenir un type de signes de reconnaissance que l’on aurait pas eu autrement,
  • valider ses croyances sur soi ou sur les autres

À noter :

  • Le jeu est inconscient, nous ne nous en rendons pas compte. L’idée, pour une meilleure connaissance de soi, n’est pas tant de ne plus jouer, que de nous rendre petit à petit conscient des jeux que nous jouons.

Il existe trois niveaux de jeu :

  • Niveau 1 : c’est celui qui est acceptable socialement (un couple d’amis se dispute devant vous):  le lien n’est pas rompu mais ”touché” (une tension relationnelle dans le couple par exemple).
  • Niveau 2 : les protagonistes jouent “à domicile” (il n’y pas de témoins ou uniquement – ce qui est encore “plus joueur” – quelques confidents) : le lien est rompu (une porte qui claque).
  • Niveau 3 : les prises de bénéfices font la Une des journaux (meurtres, démence, suicides…) : le lien est clairement, voire définitivement, rompu.
  • Ne dîtes pas :Il joue des jeux avec moi, je n’aime pas ça“… On joue toujours à deux, vous jouez autant avec lui !

(1) Voir Page Facebook sur l’Analyse Transactionnelle – Approche issue des travaux d’Éric Berstein (2)

(2) Voir page Facebook sur Éric Berne

(3)  Voir page Facebook sur Stephen B. Karpman

(4) Comme me l’a aimablement signalé Jérome Lefeuvre dans sa Page Facebook consacrée à son ouvrage : «  Le modèle DPM « Déjouez les Pièges de la Manipulation« , Stephen Karpman souhaite que ton triangle  soit isocèle de façon à représenter la nocivité « équitable » des 3 rôles.

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