Le modèle « Élément Humain » de William Schutz

par / jeudi, 15 décembre 2011 / Publié dansL'Elément Humain, Outils du Coach

Le modèle « Élément Humain » est une théorie des relations interpersonnelles, présentée par William Schutz en 1958. Cette théorie explique en grande partie le vécu interpersonnel d’un petit groupe. La théorie est basée sur le fait que lorsque les gens se rassemblent dans un groupe, il existe trois principaux besoins qu’ils cherchent à obtenir dans la relation :

  • l’inclusion,
  • le contrôle et
  • l’ouverture.

1-Le besoin interpersonnel d’inclusion

C’est le besoin d’établir et de maintenir une relation satisfaisante avec les autres dans un groupe. L’inclusion correspond aux critères Dedans / Dehors par rapport au groupe.

Au niveau des comportements, l’inclusion va se mesurer par le nombre de contacts échangés avec les autres dans un contexte particulier. Les questions qui se posent sont :

  • De quel nombre de contacts ai-je besoin ?
  • Suis-je plutôt extraverti ou introverti ?
  • Est-ce que je préfère être seul ou entouré ?
  • Qui initie les relations et la conversation ?
  • Quels sont les comportements de défense que j’utilise pour maintenir cette préférence ?

Au niveau des sentiments, la notion est celle de l’importance. On se sent important lorsqu’on reçoit des signes d’attention, lorsque notre présence fait une différence. La peur liée au sentiment de ne pas être important ou de ne pas être intégré dans un groupe humain est celle de l’ignorance de l’exclusion ou de l’abandon.

Au niveau du concept de soi, on trouve la notion de présence. Etre présent c’est être centré au bon niveau sur ce qu’on fait, être entièrement dans la situation, faire ce que l’on fait avec tout son être et être en contact avec ce qui se passe. Une présence trop faible (Dissociation) se manifeste par un éparpillement, une distraction ou un détachement par rapport à ce qui se passe. Une présence trop forte (Association), se manifeste par la perte du sens de soi en s’identifiant totalement à ce que l’on fait. Le bon niveau de présence, c’est celui qui est adapté à la situation dans laquelle nous nous trouvons, trouver un équilibre entre association et détachement pour vivre ce qui se passe sans être submergé par nos émotions.

Un niveau approprié de sociabilité n’est possible que l’on pense avoir de la valeur, si on se sent important et digne d’être pris en compte. Une personne qui doute de son importance peut manifester aussi bien une absence de sociabilité (trop d’introversion, attitude d’égocentrisme, un retrait excessif) ou au contraire un excès de sociabilité (trop d’extraversion, prétention, narcissisme, …)

2-Le besoin interpersonnel de contrôle

C’est le besoin d’établir et maintenir une relation satisfaisante avec les autres en matière de contrôle, d’influence et de pouvoir. Ce besoin correspond aux critères Dessus / Dessous

Au niveau des comportements, le contrôle va se mesurer par un niveau d’influence et de prise en charge selon les différents contextes. Les questions qui se posent sont :

  • Quel est le  niveau d’influence que je souhaite exercer ?
  • Est-ce que je souhaite exercer une influence sur les autres en donnant des instructions, en dirigeant leur activité, en prenant des décisions pour eux ou au contraire est-ce que je préfère ne pas exercer d’influence en me laissant guider par les autres, en évitant les situations dans lesquelles je dois prendre des responsabilités ?

Au niveau des sentiments, la dimension de base est celle de la compétence. On se sent compétent lorsqu’on se sent autonome, capable de faire face aux situations pour satisfaire nos désirs ou prévenir les difficultés, prendre des décisions pour gérer les problèmes qui surviennent, quand on nous donne des responsabilités, quand on nous permet d’entreprendre seul, et quand nous recevons des compliments sur la qualité de notre travail. La peur liée au sentiment d’incompétence ou de la non maîtrise des événements est celle de l’humiliation.

Au niveau du concept de soi, on trouve la notion d’auto-contrôle, de maîtrise de soi, de détermination personnelle, d’expression spontanée de soi. Les individus s’imposent un degré variable de retenue dans l’expression de leurs pensées et ressentis.

Une perte de contrôle de soi, par exemple sous l’effet de l’alcool, peut générer des comportements anti-sociaux d’agressivité ou de violence. Trop d’auto-contrôle se manifeste par une inhibition, des rigidités, l’absence de spontanéité, et la non expression de soi. Le bon niveau de contrôle de soi est celui ou l’expression de soi permet de se développer en respectant son entourage. Nous pouvons choisir le degré d’expression de soi (être libre de faire ce qu’on a envie de faire et de s’arrêter quand on le souhaite), en fonction de la situation.

3-Le besoin interpersonnel d’ouverture

C’est le besoin interpersonnel d’établir et de maintenir une relation satisfaisante avec les autres au niveau affectif de l’intimité que ce soit au niveau personnel ou professionnel. Ce besoin correspond aux critères Ouvert / Fermé et donc le besoin d’ouverture va se mesurer par un niveau d’ouverture / sincérité sen fonction des différents contextes .

Au niveau des comportements, les questions qui se posent sont :

  • Quel niveau d’intimité est-ce que je souhaite ?
  • Suis-je porté vers des relations dans lesquelles je peux parler de mes sentiments, pensées, de mes secrets très personnels ou est-ce que ma préférence va à des relations plus distantes ?

Au niveau des sentiments, la dimension de base est celle de la sympathie ou de l’amabilité, c’est-à-dire la capacité à créer un climat de confiance dans lequel un individu va s’apprécier. On apprécie une personne si on s’apprécie dans notre façon de nous comporter avec l’autre et on se sent apprécié des autres lorsqu’ils recherchent notre compagnie, notre amitié et se confient facilement à nous. La peur liée au sentiment d’être antipathique, non reconnu et non considéré est celle du rejet.

Au niveau du concept de soi, on trouve la notion de prise de conscience de ce qui se passe en soi, de connaissance de soi. Cette ouverture à soi permet d’être en contact avec nos pensées, nos ressentis, nos croyances, nos motivations. Etre trop peu conscient de ce qui se passe en soi, c’est être étranger à soi, ne pas savoir qui on est, avec la difficulté à être clair, lucide et sincère avec soi-même.

Être trop conscient de ce qui se passe en soi se manifeste par une trop grande introspection avec une perte d’attention et de contact à ce qui se passe dans le monde extérieur. Le bon degré de conscience de soi est celui qui permet de se sentir bien dans sa peau pour exprimer le meilleur de soi. Nous pouvons choisir le degré de conscience de ce qui se passe en soi ou en dehors de soi en fonction de la situation.

L’estime de soi et les niveaux d’ouverture et de vérité

L’estime de soi est déterminée en grande partie par l’écart qui existe entre une identité présente « la personne que je suis » et une identité désirée « la personne que je souhaite être ».

A la base de l’estime de soi, il y a l’appréciation de sa propre valeur et la reconnaissance lucide (avec les qualités et défauts) que nous sommes comme quelqu’un d’important, de capable et d’aimable. Une faible estime de soi conduit à grossir ses faiblesses, minimiser ses qualités, à un manque de confiance pour pendre des risques, et au développement de mécanismes de défense.

Une bonne estime de soi donne l’envie de développer son potentiel, la confiance nécessaire à la prise de risque, à l’acceptation des critiques, à la capacité à donner et recevoir des directives et à s’exprimer de façon ouverte.

Selon W. Schutz pour augmenter son estime de soi, il convient de faire une description claire et précise de soi, comme on peut le faire avec le concept de soi.

W. Schutz propose également d’explorer les écarts entre le Moi souhaité « la personne que veux être » et le Moi non souhaité « la personne que je ne veux pas être » pour nous aider à progresser vers un Moi qui nous attire plus et une meilleure estime de soi.

W. Schutz insiste également sur le fait que ce qui nous empêche de changer sont les bénéfices que nous avons à rester comme nous sommes. La mise en évidence de ces bénéfices secondaires permet d’identifier et de modifier / recadrer les croyances limitantes qui freinent notre développement.

Pour développer l’estime de soi, W. Schutz valorise avant tout l’ouverture à soi-même et aux autres ainsi que la vérité et l’honnêteté dans les échanges

« Lorsque les individus gagnent en lucidité personnelle et en estime d’eux mêmes, ils s’ouvrent d’avantage aux autres et deviennent plus honnêtes avec autrui.Ils réorientent l’énergie qu’ils utilisaient auparavant pour se défendre, pour dissimuler ou pour gérer des conflits interpersonnels vers un travail plus productif » .

Être honnête, ou se dévoiler, c’est choisir de partager avec autrui ce dont nous sommes conscients, notre «degré de contact avec ce qui est pour nous ».

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Source : http://metasens.over-blog.com/

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