M. Martien & Mme Vénusienne – ép.1

par / samedi, 26 novembre 2011 / Publié dansDébats, Hommes / Femmes, Série

Le cerveau serait-il sexué lui aussi ?

Grande question, à l’origine d’un débat qui agite fébrilement le monde scientifique depuis plus d’un siècle et à propos de laquelle des énormités ont parfois été proférées.

Depuis une dizaine d’années, on sait que les hormones sexuelles jouent un rôle essentiel au cours de la vie embryonnaire et néonatale : elles provoquent non seulement des modifications du corps, mais aussi du cerveau. Sur le plan génétique, ces hormones – testostérone ou œstrogènes – imprègnent le fœtus et créent les circuits neuronaux responsables des comportements mâles ou femelles.

On peut donc dire que l’on naît avec un cerveau « garçon » ou un cerveau « fille », avec, bien sûr, toute la palette de différences et subtilités qui fait l’extraordinaire variété du genre humain.

Cela expliquerait, par exemple, qu’en matière d’apprentissage, les filles sont nettement plus performantes que les garçons jusqu’à l’âge de 4 ou 5 ans. La différence disparaît ensuite pour réapparaître vers la puberté, période qui correspond à une production élevée de testostérone chez les garçons.

Aujourd’hui, avec les progrès de l’imagerie médicale et sa batterie de scanners, IRM et autres capteurs d’activité mentale, on en sait davantage. La découverte la plus importante : les hémisphères cérébraux d’une femme sont moins spécialisés que ceux d’un homme. Si cet élément permet d’expliquer certaines différences, elle ne peut en aucun cas servir d’argument pour décréter que les premières sont faites pour pleurer et les seconds pour être ingénieurs !

Bien des femmes, en effet, savent parfaitement lire les cartes routières,
et bien des hommes rangent leurs chaussettes !

Elle n’arrête pas de parler !

Même si les hommes ont parfois du mal à le croire, une femme peut parler et écouter en même temps ! Lorsqu’elle parle, le scanner révèle que deux régions bien spécifiques de son cerveau – dans l’hémisphère frontal gauche et dans l’hémisphère frontal droit – fonctionnent conjointement. La cause : les œstrogènes de la femme stimulent en permanence les liens entre les deux hémisphères cérébraux et incitent davantage les cellules nerveuses à créer des connexions. Les femmes auraient ainsi 30 % de connexions neuronales supplémentaires dédiées au langage…

Comme l’hémisphère gauche de la fille se développe aussi plus rapidement, elle parlera plus vite et mieux que son frère, apprendra plus facilement une langue étrangère, etc. Chez l’homme, la parole, répartie dans l’hémisphère gauche, ne semble pas liée à une région spécifique, comme s’il ne possédait pas de centre dévolu à cette fonction. Cela peut expliquer qu’il ait moins besoin de communication, et que la clientèle des orthophonistes, qui soignent les troubles du langages, soit essentiellement composée de petits garçons…

Il n’écoute que d’une oreille…

Lorsqu’un homme regarde la télévision, il devient sourd ! Inutile de se moquer de lui, car il y a une raison physiologique : le corps calleux de son cerveau, une zone qui permet aux deux hémisphères de communiquer, est nettement moins épais que celui de la femme. Aussi, son cerveau « compartimenté » ne peut-il accomplir qu’une tâche à la fois. Exemple : en réunion, même lorsqu’il est très attentif, un homme utilise surtout son oreille droite, directement branchée sur son « cerveau gauche », responsable de la reconnaissance des mots. Bien sûr, les deux oreilles entendent, mais les connexions sont moins fortes. Et c’est pourquoi les femmes, elles, lorsqu’elles sont en réunion, ont tendance à vouloir parler toutes en même temps…

Source  – Article : Psychologies : Erik Pigani

Source – Illustration : http://stefishing.over-blog.com/

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