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Métaphores et Conscience

Métaphore-7 : La boule d’argile qui devint belle

par / lundi, 17 octobre 2011 / Publié dansMétaphores

Je me rappelle l’époque où, avant d’être une tasse, je n’étais qu’une boule d’argile.

Un jour, un potier s’empara de moi puis se mit à me frapper de ses mains, à me modeler.
Cela me faisait mal et je le suppliai d’arrêter mais …

Il se contenta de me sourire en disant :

  • « Pas encore ! »

J’avais si mal au cœur que je croyais que ma fin était venue.

Heureusement, Il finit par arrêter de me pétrir !

Puis Il me plaça sur un tour de potier et me fit tourner, tourner et tourner encore…

Je ne comprenais pas pourquoi il voulait me faire passer par le feu.

Alors, je hurlai, je le suppliai d’arrêter, de me faire sortir.

A Travers la porte vitrée, je distinguais encore son visage, et je le vis me sourire et hocher la tête, en disant :

  • « Pas encore ! »

Puis soudain, me saisissant, le maître se mit à me poncer et à me brosser. Il prit un pinceau et me badigeonna de toutes sortes de couleurs. Les vapeurs étaient si fortes que je cru m’évanouir.

Je l’implorai d’arrêter, mais avec le même sourire, il me dit à nouveau :

  • « Pas encore ! »

C’est alors qu’il me plaça dans un autre four, deux fois plus chaud que le premier.

Cette fois, j’allais suffoquer, j’en étais sûre.

En larmes, je le suppliai, mais, une fois de plus, il se contenta de répondre :

  • « Pas encore ! »

À ce moment-là, la porte s’ouvrit toute grande et le maître annonça

  • « Maintenant ! »

Il me prit sans ses mains et me déposa sur une étagère. Ensuite, Il me tendit un miroir en me disant de me regarder.

Je n’en croyais pas mes yeux.

Je m’écriai : « Oh, quelle magnifique tasse ! »

Alors le maître expliqua :

  • « Je voudrais que tu comprennes : Oui, quand je te frappais et que je te modelais, je savais que cela te faisait mal. Je savais que le tour te donnait des vertiges.
  • Mais si je ne m’étais pas occupé de toi, tu te serais desséchée, et tu serais restée à tout jamais une simple boule d’argile. Ta personnalité n’aurait pas pu s’épanouir. »
  • « Je savais que le premier four était brûlant, mais si je ne t’y avais pas mise, tu te serais effritée. »
  • « Je savais que tu étais incommodée par le ponçage et la peinture, mais si je t’avais épargnée, ta vie serait restée sans couleurs. »
  • « Et le second four, oh ! je savais bien qu’il te serait presque insupportable ! Mais vois-tu, si je ne t’y avais pas placée, tu n’aurais pas été capable de résister aux pressions de la vie. »
  • « Ta force n’aurait pas suffi, et tu n’aurais pas survécu longtemps. »
  • « Tu vois, alors même que tout te semblait si difficile, je prenais soin de toi. Je savais ce que tu allais devenir. Dès le premier instant, j’entrevoyais déjà toute la beauté qu’il y avait en toi ! »

Source : Auteur anonyme

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Commentaires de Thierry Le Scoul :

Cette métaphore dont la fin semble « belle », trouvée sur le blog d’un « coach » est un très bon exemple de ce qu’il ne faut absolument jamais faire en coaching !

Tout simplement parce que la boule d’argile n’avait initialement rien demandé au potier…

Et que le potier a cru savoir mieux que la boule, ce qui est bien pour elle. Alors le potier se positionne « au dessus » de la boule d’argile et croit bon de pouvoir s’autoriser à décider à la place de la boule..

Le résultat final parait être beau, aux yeux du potier – heureux de ce qu’il a fait – et pour la boule – qui n’est plus consciente d’être réduite à la posture de victime et ne voit donc que le résultat apparent : la tasse.

Pourtant il a bien été imposé par le potier qui a imprimé SON changement à la boule qui n’avait rien demandé.

Ainsi le potier se positionne en « PERSÉCUTEUR » et impose de fait à la boule un rôle de « VICTIME » dont l’empreinte est encore plus difficile à dissiper maintenant qu’elle est transformée en « tasse »; et cela lui permet d’apparaitre en final en grand « SAUVEUR » à la fin – c’est le bénéfice – conscient ou inconscient – attendu du potier !.

L’histoire aurait donc été belle, si et seulement si, la boule avait demandé par elle même au potier, parce qu’elle le souhaitait vraiment, de l’accompagner pour se libérer de sa condition actuelle de boule informe pour devenir une jolie tasse harmonieuse (et non une tasse victime).


Et à chaque étape, le potier aurait validé la bonne « écologie » de la transformation pour la boule; et obtenu librement son accord conscient pour la transformation suivante, il n’y aurait donc eu aucune « souffrance perçue ».

Merci de votre lecture, c’était probablement un peu long….

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